Un conte de Pâques sur les grands mystères de la vie
J'étais venue visiter Christophe une semaine au mois d'octobre 2007. Pendant mon séjour, j'avais entendu le voisin s'essayer à quelques gammes. "Quel monsieur courageux, qui, la quarantaine bien entamée, décide d'apprendre ce dur instrument" pensais-je. Christophe et moi l'écoutions de nos oreilles attendries.
Puis j'ai déménagé dans l'appartement, et les gammes ont continué à être jouées. Du haut de ma petite expérience de musicienne j'écoutais le corniste avec sollicitude. Il pratiquait quelques morceaux tous les jours, et sa discipline m'impressionnait. En janvier, je remarquai même qu'il s'était amélioré. Par contre, je n'arrivais pas à comprendre pourquoi il s'escrimait à jouer des pièces contemporaines, un répertoire clairement trop difficile pour lui.
- Peut-être que ça sonne contemporain, mais que ça l'est pas, que c'est du classique-classique qui sonne croche parce qu'il tombe jamais sur la bonne note du premier coup?
- Tu crois, cocotte?
Le temps passait, et nous l'écoutions avec la même tendresse qu'au début. On l'entendait à toute heure du jour, ça laissait supposer qu'il ne travaillait pas - du moins, pas beaucoup. On en vint à penser qu'il était héritier, ou encore écrivain. Remarquez, à Paris, de telles présomptions n'ont rien d'original.
L'explication vint de la bouche du gestionnaire de l'immeuble. Christophe et lui s'étant croisés sur le palier par hasard, ils s'étaient mis à placoter en attendant de trouver leurs clés respectives. Au détour de la conversation, un fait incroyable s'énonça, que Christophe me répéta la première occasion venue : le voisin est corniste à l'Opéra de Paris.
Alors, soit c'est moi qui n'a pas d'oreille, ou bien il y a quelque chose que je n'ai pas encore tout à fait saisi de la vie. D'une façon ou d'une autre, je me félicite de n'avoir jamais engagé la conversation avec ce voisin en lui disant : "Ah, vous vous êtes mis au cor! Comme c'est sympathique!"
Ouf, juste d’y penser, je ne me sens pas bien.
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5 commentaires:
P'tête que j'étais trop troublé par les charmes*** de la nouvelle voisine, pis que j'ai compris de travers:
- votre voisin, il joue de son corps le soir du côté de l'opéra...
Ce qui lui laisse toute la journée pour souffler mélancoliquement dans le tuyau.
Remarque, le contrebassiste soliste de l'orchestre de %%%%%%%%% est capable de jouer son solo de contrebasse sans une seule note juste!
Un bon moyen finalement de se faire remarquer... je devrais peut être essayer de jouer du violon tout croche pour attirer l'attention de la voisine?
0:-)
heu, non
Enregistre-le qu'on puisse écouter nous aussi!
Merci pour ce bon rire qui fait que ma journée commence bien ! ^^
Pour ce pauvre monsieur, c'est peut-être parce qu'il passe des heures et des jours à jouer faux (ou de moins en moins faux) que le jour où il y a le concert, il s'en sort pas pire... ou alors, heureusement, ses collègues musiciens couvrent le son lamentable de son cor ! Et c'est comme ça que ça passe inaperçu pendant les concerts !
En même temps, imagine que tous les instruments jouent aussi faux que ton corniste... comment font-ils pour que l'ensemble soit harmonieux ?!? ... question à méditer...
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