Mardi 16 septembre 2008, une jeune madame fait la baboune dans le métro. Elle s'en va passer un entretien pour une job d'assistante-documentaliste dans un musée. La madame, c'est moi, même si les gens qui m'appellent "madame" finissent par m'appeler "mademoiselle" une fois qu'ils m'ont bien regardée. Comme je venais de refuser une job semblable, c'était pas réjouissant de prévoir faire semblant de vouloir celle-là, mais sait-on jamais.
Je descend à la station Châtelet. Précisément, c'est une station avant la bonne, mais je suis en avance alors c'est pas très grave. Je trouve le musée un peu par hasard. Ouf! j'ai failli me rendre pas mal plus loin! On m'avait dit que l'entretien avait lieu "derrière le musée, au 4e étage". Je vais derrière le musée, la première porte est fermée, la deuxième porte est fermée, la troisième aussi. Il est 16h55, j'aurais aimé arriver à cette heure-là. Shit. Je fais le tour de l'immeuble, je trouve l'entrée du personnel, j'attends que quelqu'un ouvre, j'entre, je cherche un peu de positif dans mon tréfond, je le mets dans ma voix pour pas qu'elle sonne trop désagréable, et je demande au gardien si c'est ici que ça se passe, l'entretien pour une job d'assistante-documentaliste dans un département de l'entreprise que je me rappelle plus c'est quoi. "Au musée madame, heu... mademoiselle pardon, y'a juste le musée" qu'il me répond. C'est pas là.
Bon. Y'a peut-être d'autres bâtiments du musée de l'autre côté de la rue? Sémantiquement, ça serait bien derrière le musée. Je traverse, et bravoooo! y'a deux immeubles avec des portes qui ont "Pompi-dadeli-dou" écrit dessus. Ça me donne deux autres chances, fiou! Je me faufile prestement derrière un employé qui entre par une des deux portes, je grimpe les marches jusqu'au 4e, où je constate qu'il n'y a rien de plus qu'un palier devant une porte. Une porte fermée qui ne s'ouvre pas, la quatrième du récit.
Bon... Je veux vérifier à quel point l'heure est avancée, mais comme les malheurs aiment bien se tenir en groupes nombreux, la batterie de mon ipod est à terre. Je descend les marches en feu, et répète le processus en passant par la porte du deuxième immeuble. Il s'avère que ces marches mènent au même résultat. Une cinquième porte fermée qui s'ouvrira pas. Crie, chiâle, pête, rote, elle va rester fermée parce que le rendez-vous est ailleurs, wherever, pas ici. Ciiiiiiibolak! Il va falloir que je les appelle, parce qu'il doit être sérieusement tard. Je tchèque dans mon agenda, mais j'ai pas noté le numéro des recruteurs comme je me disais que ça serait bien que je fasse avant de partir. Sur le palier de ce 4e étage qui n'est pas le bon, j'ai une boule dans la gorge et les yeux qui piquent.
Je me résigne à rapatrier mon beau suit de madame beige, ma face de beu, mon agenda inutile, mes aisselles transpirantes et mon ipod de marde sur le trottoir. Il doit être 17h15. Quelque part à Paris, y'a deux recruteurs qui sont en train de faire des grands X sur mon cv avec des vieux bics rouges, tellement fort que ça le déchire, alors ils le jettent par terre et le piétinent pour se défouler encore plus. Derrière le musée Pompidou y'a moi qui est en train de me dire que cette situation est une vraie catastrophe pour mon ego et un robineux qui me demande du p'tit change.
***
D'une part, les explications pour me rendre là-bas étaient pas claires, et d'autre part j'ai pas été assez prévenante. J'ai quand même laissé un message aux recruteurs comme si tout était de ma faute mais il y a peu de chance qu'ils me rappellent. Tant pis!
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4 commentaires:
Ark. Je compatis. Tu sais que c'est le genre de truc qui m'arrive souvent.
C'est fou comme le cerveau humain peut faire des choses drôles, des fois. Il sait que c'est mal d'arriver en retard à un RDV. Il sait que c'est pire de juste jamais se pointer. Alors tu te mets à filer cheap et à capoter...
Mais dans le fond, tu la voulais juste pas, la crisse de job... Faque c'est vraiment pas grave. Sauf que le cerveau, lui, il oublie ça. Il fixe sur les choses qui sont MAL.
Bon courage!
Ahhh Merci!
C'est exactement ça, Rogatien. Tu résumes en quelques lignes toutes mes pensées.
Ça va mieux aujourd'hui? Ça aurait pu être pire, ça aurait pu être la job de ta vie (romantique, han? mdr)! Là on peut voir ça comme un petit rappel du bon dieu des innocents (celui qui veille sur moi, entre autres) de ne plus te contenter des explications sommaire garrochées par les recruteurs...
Signé : La fille prévoyante qui a pogné un ticket de parking en face de sa maison hier...
Correct correct, y'a une job que je voulais beaucoup, mais que j'aurai pas finalement. C'est platte! Et pis j'ai trouvé une autre super job au Musée d'Orsay sauf qu'il faut être fonctionnaire pour l'avoir. C'est poche!
Mes sympathies pour le ticket...
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